Publié le 29 avril 2020 | Mis à jour à 11AM

Gérer l’impact de ses investissements: comment les investisseurs peuvent s'assurer de joindre la parole aux actes

Stephanie Blog Post

Par: Stéphanie Émond, Directrice de groupe, Impact, FinDev Canada

FinDev Canada a publié la semaine dernière une première annonce concernant la façon dont l’institution adhère aux Principes directeurs de la gestion de l’impact convenus à l’échelle internationale. Pour beaucoup d’entre nous, c’est l’aboutissement d’un long cheminement satisfaisant. C’est aussi le début d’un autre chapitre qui sera, espérons-le, encore plus bénéfique.

Je m’explique.

FinDev Canada a ouvert ses portes en janvier 2018 en tant qu’institution canadienne de financement du développement visant à soutenir la croissance et la durabilité des entreprises dans les marchés en développement.  Notre objectif global était clair dès le départ : être un investisseur axé sur l’impact en vue de combler le fossé entre les investissements du secteur privé dans les économies en développement et les objectifs de l’aide publique au développement. Étant relativement nouveaux dans le domaine, nous avons décidé de nous concentrer sur trois domaines d’impact critiques :  l’autonomisation économique des femmes, le développement des marchés locaux et les changements climatiques.

L’accent, comme il se doit, sera mis sur l’intentionnalité. Au-delà des rendements financiers de nos investissements, nous voulons et attendons à ce que les personnes défavorisées dans les pays où nous investissons obtiennent des bénéfices sociaux ou environnementaux durables. Ainsi, ce n’est pas assez de réussir financièrement, nous voulons également faire du bien.

Mais une question inévitable se pose alors : comment saurons-nous avec certitude que le travail que nous faisons, peu importe la noblesse de nos intentions, a réellement un eu impact positif?

Gérer l’impact du début à la fin

La réponse à cette question comporte deux parties. D’abord, nous avons mis en place un Cadre de référence de l’impact sur le développement pour orienter toutes nos décisions à chaque étape du processus d’investissement, de la présélection à la diligence raisonnable, l’approbation, le suivi et la production de rapports. Une surveillance robuste de nos investissements et l’analyse de leur rendement sont essentielles, mais il ne s’agit en fait que de l’étape finale de l’approche globale de l’investissement d’impact que nous avons adoptée.

Deuxièmement, nous nous sommes joints à d’autres investisseurs pour signer les Principes directeurs de la gestion de l’impact - des normes visant à établir les meilleures façon d’investir pour assurer l’impact. Les Principes offrent un cadre commun permettant aux investisseurs de comprendre et de comparer les pratiques de gestion de l’impact des gestionnaires d’actifs. Ces principes, maintenant adoptés par plus de 90 gestionnaires mondiaux dans 28 pays, sont un point de référence essentiel pour évaluer la façon dont les gestionnaires et les détenteurs d’actifs peuvent concevoir, intégrer et suivre les impacts sociaux et environnementaux de leurs investissements en parallèle aux rendements financiers.

FinDev Canada était parmi les premiers signataires des Principes lors de leur lancement en avril 2019 à l’occasion des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington. Nous nous sommes joints à d’autres organisations comme BNP Paribas Asset Management en France, CDC Group au Royaume-Uni, FMO aux Pays-Bas, le Groupe UBS en Suisse ainsi qu’avec Cordiant Capital ici au Canada en vue de soutenir cette nouvelle norme mondiale pour la gestion des investissements à impact.

Aujourd’hui, nous estimons que notre travail sur la gestion de l’impact a pris un virage. La première déclaration de FinDev Canada au secrétariat international qui gère l’application des Principes montre que nous avons atteint nos objectifs : comme l’indiquent les Principes, 100 % de nos actifs sous gestion sont des investissements à impact.

Exemples multiples, impact réel

J’espère que vous prendrez un moment pour lire comment nous avons offert du financement, seul ou en collaboration avec des partenaires, qui appuie des organisations innovatrices ayant un impact sur le terrain. Des entreprises comme M-KOPA Solar en Afrique de l’Est et Danper ALV au Pérou, ou des fonds d’investissement tels qu’Alitheia IDF en Afrique et EcoEnterprise III en Amérique latine. Nous croyons que ces investissements aideront à améliorer la vie de dizaines de milliers de personnes de manière importante et durable.

Même si nous sommes satisfaits de nos réalisations en matière d’investissements à impact à ce jour, nous savons aussi que le chemin qui reste à parcourir est long. Les besoins en financement dans les pays où nous intervenons sont immenses et nous ne pouvons pas y répondre seuls. De plus, il est plus difficile que jamais de trouver de bonnes occasions d’investissement qui auront l’impact voulu.

Heureusement, depuis le lancement des Principes l’an dernier, d’autres firmes d’investissement avant-gardistes sont devenues signataires, notamment Black Rock aux États-Unis, Earth Capital au Royaume-Uni, Finance in Motion en Allemagne, Triple Jump aux Pays-Bas, Sarona Asset Management au Canada et bien d’autres.

Quel que soit le nombre actuel d’investisseurs à impact, nous devons mobiliser davantage de capitaux d’investissement pour lutter contre les changements climatiques et permettre à des millions de personnes pauvres et défavorisées de trouver des voies durables pour se sortir de la pauvreté. Les Principes offrent les éléments essentiels que les investisseurs exigent – la normalisation, la transparence et la vérification – pour participer au mouvement d’investissement à impact. Aujourd’hui plus que jamais, les investissements doivent propulser la réalisation d’impacts réels et durables pour relever les défis mondiaux auxquels nous sommes tous confrontés.