Publié le 29 janvier 2019 | Mis à jour à 10AM

Résumé du Forum 2018 du GIIN : repenser les marchés des capitaux pour un avenir plus durable et inclusif

C’est avec fierté que FinDev Canada a récemment rejoint le réseau du GIIN (« Global Impact Investing Network »), et avec grand enthousiasme qu’Angel Bohorquez et moi-même avons assisté à notre premier Forum du GIIN la semaine dernière. 

L’investissement à retombées sociales est sur le point de dépasser le stade du simple créneau – un passage obligé.

L’assistance sans précédent de plus de 1 200 participants provenant de 80 pays et l’énergie palpable dans le public, sur scène et dans les corridors traduisaient un message sans équivoque : l’investissement à retombées sociales est sur le point de dépasser le stade du simple créneau – un passage obligé.

Le président et cofondateur du GIIN, Amit Bouri, a donné le coup d’envoi de l’événement en présentant un survol de sa feuille de route pour l’avenir de l’investissement social : un plan commun qui hiérarchise les actions requises en priorité pour réformer le système financier et mettre les considérations sociales et environnementales au cœur de toutes les décisions d’investissement.

Les actions sont regroupées en six catégories, illustrées sur le schéma suivant : 
 

 

GIIN feuille de route

En bref, ce cadre définit les actions décisives requises pour :

  • rallier plus de capitaux privés au mouvement; 
  • protéger l’intégrité de l’investissement social;
  • galvaniser un mouvement mondial et ainsi faire de l’investissement social la nouvelle norme. 
  • Voilà une occasion en or, et une grande responsabilité qui incombe à chacun de nous, en tant que détenteurs et gestionnaires des richesses, décideurs, consommateurs et citoyens. 

Il nous faut faire de l’investissement à retombées sociales positives la nouvelle norme. 

Voici ce qu’il faut retenir du Forum. 

  • L’investissement « neutre » n’existe pas : tout investissement a nécessairement des retombées – soit positives, soit négatives. Il faut faire en sorte que l’investissement à retombées sociales positives s’impose comme la norme, qu’il soit plus qu’un à-côté dans un portefeuille aux effets autrement dévastateurs. 
  • Nous avons besoin d’actions concrètes pour catalyser l’afflux de capitaux privés : nous devons être à l’écoute des investisseurs privés et institutionnels, et unir nos forces pour créer des produits et des projets qui leur donnent les moyens d’agir, sans contrevenir à leurs obligations fiduciaires, tout en les ralliant à nos valeurs. Les investisseurs institutionnels investissent notre argent : nous devons les sensibiliser aux enjeux sociaux, les instruire et rendre facile pour tous la prise de décisions d’investissement éclairées qui reflètent nos principes. 
  • Les gouvernements ont aussi un rôle déterminant à jouer : ils doivent instaurer des règlements et des incitatifs propices au passage d’une logique à court terme vers une vision à long terme. Incorporer les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance au devoir fiduciaire est une étape cruciale – la France et l’Angleterre ont d’ailleurs fait un pas dans la bonne direction.
  • Les arguments économiques en faveur de l’égalité des sexes ne sont plus à démontrer : nous avons la preuve qu’une plus grande diversité – en particulier au sein des équipes dirigeantes – conduit à de meilleurs résultats (à ne pas manquer: le rapport de Calvert Impact Capital à ce sujet!). À présent, nous avons besoin d’outils pratico-pratiques pour guider les investisseurs désireux d’agir en faveur de l’égalité des sexes. 
  • Les technologiques nouvelles, comme la plateforme Blockchain for Impact, sont porteuses de grandes promesses pour l’efficacité des mécanismes de validation de l’information, notamment pour les certificats d’émissions de CO2.

Avec les objectifs de développement durable, l’Accord de Paris et le Programme d’action d’Addis-Abeba, nous avons un plan complet pour bâtir et financer le monde dans lequel nous voulons vivre. 

Jamais nous n’avons disposé de si grands moyens financiers et technologiques.

Il ne tient qu’à nous maintenant de transformer la finance pour en faire l’objet de notre fierté. 

Et vous, quand avez-vous réfléchi aux retombées de votre portefeuille pour la dernière fois?