Publié le 23 juin 2020 | Mis à jour à 12PM

Journée du multiculturalisme 2020 : Célébrer et explorer la musique issue des pays en voie de développement

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Par: Matthew Comeau, Étudiant Marketing et Communication, FinDev Canada

 

Le 27 juin est la journée du multiculturalisme au Canada et vise à célébrer l’importance du multiculturalisme et de la diversité dans notre pays, ainsi que dans le travail que nous faisons. Pour marquer l’occasion, nous avons collaboré avec nos collègues et nos dirigeants en vue de créer une liste de lecture qui met en valeur la musique et les genres des pays et régions où nous travaillons en Amérique latine et en Afrique subsaharienne.

Faire partie d’une institution qui valorise la diversité est une expérience enrichissante. Cela suscite des débats, nous rapproche et nous incite à aborder notre travail avec un esprit ouvert et sous un regard neuf. Pour quelqu’un qui s’intéresse à l’industrie mondiale de la musique, je suis toujours intrigué par ce que les membres de mon équipe écoutent et par les artistes émergents de leur pays d’origine. 

C’est ce qui a motivé la création de cette liste de lecture ; une chance de découvrir de nouvelles musiques, d’en savoir plus sur ce qui inspire les personnes avec lesquelles je travaille, et d’explorer la question : Comment l’industrie musicale de nos régions prioritaires opère-t-elle et qu’est-ce qui fait qu’elle a du succès ?

 

L’essor des services de diffusion en continu en Afrique

L’Afrique a connu une trajectoire intéressante en ce qui concerne le succès de son industrie musicale sur son territoire. Récemment, l’Afrique a connu une croissance significative avec l’émergence et l’essor des services de diffusion en continu. Contrairement aux pays occidentaux, où les grandes plateformes de diffusion en continu comme Apple Music et Spotify prospèrent, elles ont eu du mal à se tailler une place aussi importante que les alternatives africaines locales telles que BoomPlay et le service uduX basé à Lagos. Elles offrent une sélection d’artistes plus localisée et, dans le cas de BoomPlay, ont signé des accords de licence exclusifs avec des maisons de disques américaines tels que Sony, Warner et Universal Music. Selon African Business Magazine, le marché africain de la diffusion en continu est sur le point de connaître un boom, avec une augmentation des recettes de plus de 62 % d’une année à l’autre.

Les grandes maisons de disques occidentales manifestent également un intérêt croissant. En 2018, Universal Music Group a inauguré Universal Music Nigeria, un bureau à Lagos. En collaboration avec une agence existante à Johannesburg, cette initiative s’inscrivait dans le cadre du plan de Universal Music visant à signer un nombre croissant d’artistes africains émergents, afin de renforcer sa réputation dans toute l’Afrique et, à terme, à l’échelle internationale.

En mai de cette année, Def Jam s’est aventuré dans la région, en ouvrant des bureaux à Johannesburg et à Lagos. Tout en signant initialement des artistes bien établis tels que Boity, une personnalité de la télévision sud-africaine et un rappeur, ainsi que l’artiste R'n’B nigérian Vector, la société prévoit signer de nouveaux artistes ou des artistes émergents sur tout le continent.

L’Afrique devient rapidement un centre d’intérêt pour les géants de l’industrie musicale. Il reste à voir comment ceux-ci s’adapteront aux nouvelles conditions du marché, et s’ils vont réussir à mettre le succès de ces artistes à la portée du grand public.

 

Croissance soutenue des revenus de l’industrie musicale en Amérique latine

L’Amérique latine a connu un essor différent dans son industrie musicale. Bien qu’elle se soit également concentrée sur les services de diffusion en continu, d’autres formats numériques, notamment le téléchargement et l’achat d’albums en ligne, ont contribué de manière considérable à l’augmentation des revenus générés par l’industrie de la musique. Selon le rapport sur l’industrie musicale mondiale de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI), les revenus de l’industrie musicale en Amérique latine ont augmenté de 18,9 % en 2019, soit la plus forte hausse de toutes les régions. En outre, le Brésil s’est placé au 10e rang des marchés de la musique en 2019, le seul pays d’Amérique latine à figurer sur la liste.

Avec des gains significatifs du côté numérique de l’industrie musicale et la présence établie de maisons de disques sur tout le continent, il n’est pas surprenant que l’Amérique latine ait connu un tel succès. Des genres comme le reggaeton et la pop latine sont également de plus en plus populaires auprès du public occidental, ce qui renforce encore le succès de la révolution numérique de la musique en Amérique latine.

 

Qu’est-ce qui explique cette évolution ?

Qu’est-ce qui explique cette hausse des recettes et des intérêts ? Dans le cas de l’Afrique, elle pourrait être due à l’augmentation de la pénétration de la téléphonie mobile sur le continent. Selon l’Association du système mondial de communications mobiles (GSMA), l’Afrique comptera plus de 600 millions d’abonnés uniques à la téléphonie mobile d’ici 2025, soit près de la moitié de sa population totale. On estime que cela générera plus de 51 milliards de dollars de recettes. On observe également une augmentation des débits de données mobiles, car ces pays passent de la 2G à la 3G, puis à la LTE et à la 5G. À mesure que les coûts de ces réseaux deviendront plus abordables, la musique sera plus facilement accessible. Si l’on ajoute à cela la facilité avec laquelle il est possible de diffuser de la musique sur des plateformes telles que Bandcamp et Soundcloud, la diffusion de musique est à la fois peu coûteuse et relativement simple.

L’intérêt des grandes maisons de disques occidentales est également un catalyseur important. Tant dans la consommation de la musique que dans la génération de revenus. L’un des plus grands obstacles au développement de l’industrie musicale dans les pays en développement est l’absence de lois établies en matière de propriété intellectuelle et de droits d’auteur. Il est probable que ces maisons de disques seront également les moteurs de la mise en place d’une législation indispensable. Cela sera bénéfique pour les grandes maisons de disques et les maisons indépendantes, ce qui, espérons-le, renforcera également le succès au sein des scènes marginales et locales.

 

Et l’avenir ?

Avec un tel intérêt privé international pour les arts et la culture dans les régions en développement, il se peut très bien que l’avenir réside dans la coopération entre les institutions publiques locales et ces intérêts privés pour stimuler le développement économique local. Il est évident que les industries musicales d’Amérique latine et d’Afrique subsaharienne ont une grande valeur et doivent pouvoir compter sur une présence locale.

Les institutions de développement pourraient également commencer à reconnaître que le secteur des arts et du divertissement est un secteur à valeur ajoutée commerciale, notamment en raison de son impact au niveau local. Les marchés de la musique dans ces régions ont une approche beaucoup plus locale, ce qui pourrait faciliter le dépistage d’opportunités d’investissement efficaces, bien que ces marchés dépendent fortement de la capacité à garantir que ces initiatives comportent peu de risques et sont relativement sûres.

La scène musicale dans ces régions est très vivante et continue de se développer à un rythme effréné. Alors que des sociétés comme Universal Music et Def Jam font œuvre de pionnières en matière d’investissements étrangers, ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne devienne très répandu. En attendant, nous devrons trouver ces artistes nous-mêmes.

Si vous cherchez de la nouvelle musique à écouter dans nos régions cibles, n’hésitez pas à écouter notre liste de lecture #MultiDay ! Vous y trouverez un mélange de genres issus d’artistes, petits et grands, de grands succès de célébrités et de titres émergents.

En mon nom et au nom du reste de l’équipe de FinDev Canada, nous vous souhaitons une bonne journée du multiculturalisme!