Publié le 22 mai 2020 | Mis à jour à 8AM

La voie à suivre : Garder le cap sur les enjeux environnementaux et sociaux pendant la pandémie de COVID-19

YB

 

La pandémie de COVID-19 a, à juste titre, monopolisé notre attention. En raison de la portée mondiale et des conséquences actuelles et futures de cette crise, nous nous devons d’en prendre acte et d’y répondre aussi rapidement et efficacement que possible.

Mais qu’en est-il de nos autres préoccupations habituelles? Dans notre empressement à fournir du capital aux entreprises qui ont besoin de liquidités, devrions-nous tourner les coins ronds en ce qui a trait aux contrôles préalables ou aux normes environnementales et sociales habituelles?

D’aucuns diraient que nous sommes confrontés à un choix impossible : aider au maintien des emplois et des revenus, ou sauver des vies en continuant de travailler à la protection de l’environnement, au respect des droits de la personne et à la réduction des répercussions sociales négatives de nos investissements.

Pour moi, il s’agit d’un faux dilemme. On ne doit pas choisir l’une ou l’autre de ces voies, mais suivre les deux à la fois.

 

Parer aux imprévus et rester fidèles à notre mission

FinDev Canada a publié sa Politique environnementale et sociale révisée alors que la pandémie de COVID-19 sévit. Cela dit, le travail de révision de notre précédente politique provisoire a débuté au milieu de 2019. Nous avons reçu des dizaines de commentaires d’un vaste éventail d’organisations (société civile, consultants, gouvernement).

 

Qu’est-ce qui a changé?

Une des principales modifications à la politique est l’exigence de prendre explicitement en compte les droits de la personne dans nos évaluations environnementales et sociales. Ils sont parfois inclus dans l’évaluation du risque social, mais nous avons décidé de leur accorder une place de premier plan. De plus, notre nouvelle Politique environnementale et sociale considère les défenseurs des droits de la personne comme des parties prenantes à part entière, qui doivent être entendues.

Nous avons aussi intégré à la politique l’intersectionnalité liée au genre – un concept de plus en plus présent dans les politiques organisationnelles. La politique révisée présente clairement la place du renforcement du pouvoir économique des femmes dans le processus d’évaluation environnementale et sociale. Il est largement admis que ce sont souvent les femmes qui s’occupent des tâches ménagères et des enfants, et la rareté de ressources essentielles comme l’eau et l’électricité leur complique la vie. En intégrant une optique d’intersectionnalité à notre politique, nous affirmons notre engagement à surveiller de près les impacts environnementaux et sociaux sur les femmes.

Un autre changement important à la politique est la reconnaissance de la nature changeante des risques environnementaux et sociaux. Le profil de risque environnemental et social d’une transaction de financement est en effet appelé à évoluer au fil du temps. À partir du moment où nous signons un contrat avec une entreprise ou une institution financière, le contexte évoluera, et notre évaluation du risque doit suivre. Nous nous engageons non seulement à surveiller ces changements, mais aussi à les divulguer publiquement, lorsqu’ils sont importants, en mettant à jour le profil de risque des transactions touchées.

Le dernier changement que j’aborderai est la reconnaissance de l’influence de FinDev Canada sur ses clients. La plupart des impacts environnementaux et sociaux ne sont pas attribuables à l’institution directement, mais plutôt aux entreprises dans lesquelles elle investit ou à qui elle prête. Bien que nous n’ayons pas de contrôle direct sur celles-ci, nous pouvons miser sur notre influence pour leur demander de réduire les répercussions environnementales et sociales négatives de leurs activités.

 

La voie à suivre

La crise de la COVID-19 n’a pas ébranlé notre mission ni notre promesse en tant qu’institution de financement du développement. Nous refusons de mettre de côté nos engagements environnementaux et sociaux, y compris en ce qui a trait à la défense des droits de la personne. Nous devons prendre le temps qu’il faut pour effectuer un contrôle préalable adéquat, et ainsi bien comprendre les impacts des activités d’entreprises que nous envisageons de financer sur la qualité de l’air, du sol et de l’eau, et sur la vie des gens (employés, consommateurs et collectivités locales). Même en temps de pandémie, nous devons continuer de demander à nos clients quelles mesures ils peuvent mettre en place pour réduire leurs impacts environnementaux et sociaux. Les visites en personne chez les clients potentiels ne sont pas possibles pour le moment, mais nous trouverons des façons d’effectuer de manière virtuelle des contrôles préalables rigoureux sur le plan environnemental et social.

Qu’en pensez-vous? Devons-nous mettre de côté nos engagements? Est-ce que l’urgence de la situation le justifie? La réponse va de soi : non. Autrement, nous risquerions d’empirer la situation.